• Préface

    Le Tour de France, c'est comme un livre que l'on ouvre chaque année sans qu'il soit identique aux autres. Demain, voire aujourd'hui même, j'ouvre le livre de la centième édition par une préface dont j'avais l'idée en tête depuis longtemps. Vive le cyclisme, vive le Tour !

     

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    Une affiche pour le centenaire du Tour en 2003.
     

    Préface

    Un an. Cela peut paraître long, et pourtant, cela passe toujours sans que l'on s'en rende compte. Mais cette année, ce fut un peu plus particulier: on attendait pas une Grande Boucle habituelle, on attendait la centième Grande Boucle. Attendre, attendre, ce mot revient sans cesse, mais il faut se le dire, le Tour de France, c'est aussi de la patience. Les coureurs, en débutant, n'ont qu'un seul rêve en tête: participer à l'épreuve. Mais ils doivent attendre, ce qui les rend indifférents des habitués qui attendent un an (seulement). Les spectateurs présents sur le bord des routes, que font-ils ? Ils attendent que le peloton passe, plusieurs heures parfois. Mais même quand le Tour débute, l'impatience trépine à l'idée de découvrir le vainqueur. Malheureusement, ce sont trois semaines qui précèdent le verdict, ou moins. Qu'importe, la Petite Reine sait se faire attendre, même si à la fin, elle arrive toujours.

    Cette épreuve, ce sont aussi des noms qui marquent l'histoire, que ce soit par une gloire ou un drame. S'il fallait revenir 110 ans plus tôt, en 1903, année où le premier Tour de France a eu lieu, nous parlerions de trois personnes. Tout d'abord, les pionniers du Tour, qui ne nous ferait pas vibrer sans eux. Henri Desgrange et Géo Lefèvre sont ces deux petits "fous" qui ne savaient pas encore qu'ils avaient créé ce qui serait l'une des épreuves sportives les plus suivies au monde. Et en 1903, c'est Maurice Garin qui inscrit le premier nom au palmarès du Tour. Un an plus tard, Henri Cornet rentre dans l'histoire en devenant le coureur le plus jeune à remporter le Tour. Puis la guerre, avant que Firmin Lambot ne devienne le cycliste le plus âgé ayant remporté la Petite Reine en 1922, record qu'il détient toujours comme Cornet. Trois ans plus tôt, en 1919, le maillot jaune apparaît et il deviendra le symbole de l'épreuve. Lucien Buysse, lui, est le coureur qui a gagné la Grande Boucle la plus longue (5 745 km) en 1926, comme signe de distinction. Après la Seconde guerre, alors que Jacques Goddet et Félix Lévitan reprennent les règnes de l'épreuve après la mort de Henri Desgrange en 1940, les noms se succèdent. Fausto Coppi, qui mourra tôt, à l'âge de 41 ans, et qui est considéré comme l'un des plus grands coureurs cyclistes de l'histoire de ce sport, et Gino Bartali sont deux grands noms italiens et font partie de ceux qui ont couru avant et après la deuxième grande guerre. Mais la Grande Boucle, c'est aussi le chauvinisme et les français représentent un pays qui compte le plus de coureurs ayant remporté l'épreuve. Dans l'après-guerre et les trente glorieuses, ils sont nombreux à représenter un espoir pour la nation. Jacques Anquetil remportera cinq Tours alors que Poulidor, "l'éternel second" n'en remportera aucun, lui, le chouchou des cocoricos. Puis, les années Merckx, où personne n'arrivera à renverser le "cannibale". Imbattable, le belge remporte quatre fois d'affilée le Tour et doit céder l'édition 1973 à Luis Ocana, qui n'avait qu'une obsession, battre Eddy Merckx. Il y est arrivé, même s'il a dû passer par les moments les plus durs, comme une chute terrible dans la descente du Col de Menté. Oui, Merckx rejoindra Anquetil dans le nombre de Grande Boucle remportée en 1974, mais après, Bernard Thévenet mettra fin à une ère sans partage. Puis la nouvelle génération arrive, emmenée par Bernard Hinault, cinq fois vainqueur du Tour, ou Greg LeMond, trois fois vainqueur. Il fut le premier américain et le seul américain à remporter le Tour et la victoire la plus mémorable reste 1989 où il laisse un Laurent Fignon inconsolable suite au contre-la-montre et gagne l'édition avec huit secondes d'avance sur le français, soit le plus petit écart entre le premier et le second jamais enregistré. Après LeMond, vint les années Indurain où personne ne put contredire la loi de l'espagnol. Les années Armstrong vinrent qualques années plus tard. Un coureur qui remporte un Tour de France après avoir combattu un cancer des testicules, c'était une émotion immense. Mais au bout de sept, ce fut moins crédible alors que ses aveux pour dopage ne sont intervenus qu'en 2013, ce qui permet à Indurain d'être le seul coureur à avoir remporté l'épreuve cinq fois de suite. Mais des noms, il y en a d'autres comme Zootemelk, Jalabert, Zabel ou Marco Pantani, décédé, sans doute des suites du dopage.

    Mais il y a aussi les connus malgré-eux. En premier, on peut citer le premier cycliste mort en direct. Neil Armstrong fut le premier homme à marcher sur la lune, mais Lance Armstrong ne fut pas le premier cycliste à découvrir le paysage lunaire du Mont Ventoux. Et ce mythe de la Petite Reine sait se montrer cruel. En 1967, le britannique Tom Simpson vacille à deux kilomètres du sommet du Mont "chauve". Il ne va pas bien et il est évacué par hélicoptère. Mais il est déjà mort depuis longtemps, déjà sur le bitume de la légende Ventoux. Le soleil, la chaleur, la fatigue... mais le dopage et les amphétamines retrouvés dans ses poches. Nul doute, le dopage fait déjà rage. Mais certains ont connu une fin plus tragique où le dopage n'est pas mis en cause. En 1995, Fabio Casartelli descend le Portet-d'Aspet et chute. L'italien ne se relèvra pas et décède à 24 ans. Oui, la montagne est le théâtre de la lutte pour le maillot jaune mais aussi le théâtre de fins tragiques. Le 14 juillet prochain, lors de l'étape Givors-Mont Ventoux, nous pourrons rendre hommage à Tom Simpson, dont une stèle fait de même à l'endroit où il est mort.

    Ces coureurs, ils ont déjà inscrit leur nom à l'histoire du Tour de France. Les 198 cyclistes de la 100ème Grande Boucle devront faire de même pour la prolonger, car la Petite Reine ne disparaîtra jamais tant qu'il y aura des hommes pour la faire vivre...

    imagesCA8ZZ2DKCette préface, il fallait que je la dédie à quelqu'un, et je la dédie à lui, un coureur que je n'ai mentionné qu'une seule fois dans cette préface, Laurent Fignon, un grand champion et un amoureux du cyclisme, qui remporta deux fois le Tour, avant de nous quitter il y a presque trois ans, le 31 août 2010. R.I.P Laurent, à jamais dans nos mémoires.

     

     

     

     

    Nico


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  • Commentaires

    1
    NewsSport-Cars Profil de NewsSport-Cars
    Jeudi 4 Juillet 2013 à 12:05
    Super préface! Bravo Hugo
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